À Abidjan, dans les points de vente d’attiéké garba, un petit détail n’échappe plus aux habitués. Le garba, ce mets culinaire ivoirien fait à base d’attiéké et de poisson thon frit, n’a plus tout à fait la même saveur. Et pour cause, le piment frais qui se consomme avec, se fait de plus en plus rare.
Une nouveauté qui change les saveurs
Dans la commune de Yopougon, sur les tables des vendeurs d’attiéké garba, le constat est immédiat.
Fini le piment frais découpé à la demande. Place désormais à une alternative. Il s’agit du piment en poudre.
La nouveauté ne plaît pas à tous les clients. Certains s’adaptent sans trop rechigner, tandis que d’autres regrettent le goût authentique du garba traditionnel.
« Pour nous les consommateurs de garba, on ne sent pas le vrai goût quand on mange le plat avec du piment en poudre », se désole Soumahoro Oumarou, friand de ce mets ivoirien.
Une pénurie se confirme sur le marché
Au marché de Siporex de la commune de Yopougon, les étals parlent d’eux-mêmes. Le piment frais est devenu rare. Il est aussi devenu cher.
De petits tas sont vendus jusqu’à 500 FCFA, un prix jugé élevé par de nombreux consommateurs.
Face à cette flambée, les plaintes se multiplient. Les clients dénoncent une hausse difficile à suivre au quotidien.
A LIRE AUSSI : UNESCO: L’attiéké de Côte d’Ivoire inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité
Les commerçantes dans le marché qui subissent aussi la situation, se défendent. Elles accusent les grossistes qui élèvent les prix.
Fatim Diarrassouba, est vendeuse de vivriers dans ce marché de Yopougon Siporex. Nous présentant un petit seau en main, elle soutient cette position.
« Ce seau de piment que je tiens coûte 25 000 FCFA. A ce prix, je suis obligée de faire ces petits tas de piment à 500 FCFA pour m’en sortir. Ce n’est pas de notre faute », justifie-elle.
Même constat à Adjamé, cœur de l’approvisionnement
Le grand marché d’Adjamé est le principal point de ravitaillement en vivriers à Abidjan. Ici, des commerçants nous explique les raisons de cette pénurie.
Ce sont entre autres des difficultés d’approvisionnement, la baisse de la production et les fortes chaleurs observées ces derniers mois dans le pays.
La chaleur intense dans plusieurs régions agricoles freine la production, réduisant ainsi l’offre sur les marchés. Conséquence, les prix grimpent et les habitudes changent.
Une adaptation encore contestée
Entre pénurie et inflation, chacun s’organise comme il peut. Le piment en poudre quant à lui, gagne du terrain, mais peine encore à convaincre tous les amateurs d’attiéké garba.
Karidja Sidibé















